Réduction des antibiotiques et de l’antibiorésistance : un succès grâce aux efforts de la filière porcine

Accueil | Le bien-être du porc | Réduction des antibiotiques et de l’antibiorésistance : un succès grâce aux efforts de la filière porcine

Si un porc est malade, il peut arriver que la prescription d’un antibiotique soit alors indispensable. En médecine vétérinaire comme en médecine humaine, les antibiotiques doivent être utilisés avec précaution pour préserver leur efficacité et limiter l’apparition d’antibiorésistances

La filière porcine s’est donc mobilisée pour diminuer le recours aux antibiotiques : 

  • La conduite sanitaire des élevages s’améliore sans cesse pour réduire l’apparition de maladies. 
  • L’utilisation des antibiotiques a globalement diminué dans le cheptel porcin. 

Une diminution des prescriptions d’antibiotiques en filière porcine

Le bilan dressé par l’ANSES* en novembre 2019 concernant les ventes d’antibiotiques sur l’année 2018 a confirmé les bonnes tendances enregistrées par la filière porcine depuis le démarrage du plan ECOANTIBIO 1 (2012-2017). Entre 2011 et 2018, l’exposition des porcs, mesurée par l’ALEA (de manière simple : kgs traités/kgs produits) affiche une diminution de 44,9% (dont 2,7 % entre 2017 et 2018) : cette évolution est en grande partie imputable à une diminution de la prescription d’une famille d’antibiotiques : les Polypeptides  (entre la période 2014-2015 et 2018, l’exposition à la colistine a diminué de 63 %), mais cette réduction concerne aussi les familles des Macrolides, Sulfamides, Triméthoprime, Tétracyclines, Fluoroquinolones et Céphalosporines. Ce sont essentiellement les formes orales qui ont chuté depuis 2011 (des 3/4 pour les prémélanges médicamenteux et du 1/4 pour les poudres et solutions orales). 

D’après les panels Inaporc, entre 2010 et 2016, 87 % des élevages ont enregistré une diminution de l’usage des antibiotiques. Les plus fortes baisses ont été enregistrées pour les porcelets sevrés et porcs charcutiers (- 70 %), elles sont plus limitées pour les porcelets sous la mère (28 %) et pour les truies (- 7 %). 

* Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail 

Une baisse progressive des résistances microbiennes 

Le réseau de surveillance des résistances aux antibiotiques (Resapath) a traité en 2018 plus de 3.500 antibiogrammes sur des germes issus de porcins (porcelets jusqu’en post-sevrage : 53 % ; pathologies digestives : 42 % ; Colibacilles : 52 %). 

Les tendances à la baisse des résistances microbiennes pour les antibiotiques critiques (Fluoroquinolones, Céphalosporines  de dernières générations) observées depuis plusieurs années se confirment en 2018. 

Sur la période 2011-2018, la proportion de souches multi-résistantes (exemple des colibacilles résistants à plusieurs antibiotiques) est en diminution significative dans l’espèce porcine. 

La dynamique pour l’utilisation prudente et responsable des antibiotiques en médecine vétérinaire doit être maintenue par l’ensemble des acteurs de la filière. Le plan ECOANTIBIO 2 (2017-2021) vise à consolider les acquis et à poursuivre les actions précédemment engagées sur le plan national.

Sources : Rapport ANMV « Suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2018 » ; Rapport ANSES « Résapath – Réseau d’épidémiosurveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales », Novembre 2019 ; Panels Inaporc, IFIP 2018  

Menu
Recherche
Santé Porc